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Emergences Carine LEFOL

Accompagner les neuro-atypiques (HPI)

Dernière mise à jour : 21 nov.


Comprendre et accompagner les neuro-atypiques, aujourd'hui le haut potentiel intellectuel : ni génie torturé, ni superhéros

Contrairement à ce que l’on croit souvent, être haut potentiel intellectuel (HPI) ne veut pas dire être condamné à la souffrance. Les études récentes le montrent : l’intelligence élevée peut même protéger de certains troubles mentaux. Mais attention, ce n’est pas non plus un superpouvoir qui rend invincible !

Avoir un cerveau qui fonctionne différemment, c’est un peu comme rouler avec un moteur de voiture de course dans la ville : ça va vite, ça capte tout, mais parfois, ça surchauffe.

neuro-atypique HPI, TDAH

Le cerveau-radar : tout capte, tout analyse

Imagine un radar qui scrute chaque détail, chaque nuance, chaque sous-entendu. Une simple discussion devient un puzzle à résoudre, un silence prend des proportions gigantesques. Cette hypervigilance, c’est un super atout pour certains métiers ou situations, mais au quotidien, ça peut vite devenir épuisant.

Certains HPI ressentent cette intensité cognitive, comme une ampoule qui brille trop fort et qui finit par chauffer toute la pièce.


La paralysie par l’analyse : quand penser trop empêche d’avancer

Quand on voit toutes les options, tous les risques, toutes les conséquences possibles, choisir un restaurant peut devenir un vrai casse-tête ! On pèse le pour et le contre, on anticipe les réactions, on réfléchit à l’impact environnemental… Pendant ce temps, les autres ont déjà commandé ! Cette tendance à tout analyser peut bloquer, même pour des choix qui paraissent simples. Parfois, l’intelligence devient un frein, une roue qui tourne dans le vide au lieu de faire avancer la voiture.


Un moteur qui ne s’arrête jamais

Beaucoup d’HPI décrivent leur cerveau comme un moteur qui tourne à plein régime, même la nuit. Les idées fusent, les connexions se font sans cesse, et le repos mental devient rare. C’est une fatigue particulière, celle de l’esprit qui ne sait jamais vraiment s’arrêter, comme un ordinateur qui ferait tourner trop de programmes en même temps.


La lucidité, ce cadeau empoisonné

Voir le monde avec autant de clarté, c’est à la fois une force et un poids. On perçoit les injustices, les contradictions, la futilité de certaines choses. Cette lucidité peut générer de l’anxiété, du perfectionnisme, ou même du doute sur soi. Paradoxalement, plus on est intelligent, plus on réalise ce qu’on ne sait pas.

C’est comme si on avait une boussole très précise, mais qui indique aussi tous les chemins possibles, ce qui peut rendre la décision difficile.


Le perfectionnisme toxique : quand l’excellence devient une obligation

Beaucoup d’HPI se mettent la barre très (trop) haut. Pour eux, ne pas exceller, c’est presque faillir à leur mission. Ce perfectionnisme peut paralyser : mieux vaut ne rien faire que de risquer de mal faire.


La solitude intellectuelle : être entouré, mais seul

On peut être entouré de monde et se sentir pourtant seul, parce qu’on ne trouve personne avec qui partager vraiment ses questionnements ou sa façon de voir le monde.


La dyssynchronie : un décalage entre la tête et le cœur

Chez les enfants et adolescents HPI, il y a souvent un décalage entre la maturité intellectuelle (très avancée) et la maturité émotionnelle (plus proche de leur âge).

C’est comme si un enfant de 8 ans avait la tête d’un ado de 15 ans, mais le cœur d’un enfant de son âge. Ce déséquilibre peut perdurer à l’âge adulte, rendant parfois les relations sociales ou émotionnelles plus compliquées.


L’alexithymie acquise : quand on comprend, mais qu’on ne ressent plus

À force d’analyser tout ce qu’on ressent, certains HPI finissent par perdre le contact avec leurs émotions. Elles deviennent des concepts à étudier, plus que des ressentis à vivre. Pourrait comparer cela à la coupe d'un fil qui relie le cœur au cerveau, pour se protéger d’une hypersensibilité parfois douloureuse.


L’ennui chronique : le besoin de carburant intellectuel

Les HPI ont besoin de stimulation, comme une voiture de sport a besoin d’essence premium. Dans un environnement routinier, ils peuvent s’ennuyer profondément, ressentir une frustration existentielle, ou chercher sans cesse de nouveaux défis. C’est ce qui les pousse à innover, mais cela peut aussi nuire à la stabilité professionnelle ou personnelle.


Métiers et rapport au travail : comment naviguer quand on est haut potentiel intellectuel ?

Face à ce constat, pour beaucoup de personnes HPI, le monde professionnel peut ressembler à une forêt dense : chaque chemin semble possible, mais il est parfois difficile de savoir lequel choisir sans se perdre.

Leur curiosité insatiable, leur capacité à apprendre rapidement et leur soif de défis poussent souvent les personnes à haut potentiel à vouloir explorer plusieurs domaines, à changer d’orientation ou à s’ennuyer vite dans des environnements trop répétitifs.


Chercher un métier qui convient, c’est un peu comme chercher une clé adaptée à plusieurs serrures : il faut parfois tester, ajuster, voire renoncer à certains modèles pour trouver celui qui permet de s’épanouir pleinement.

Les métiers créatifs (webdesigner, UX/UI designer, psychologue, sophrologue, etc.) attirent particulièrement les HPI, car ils offrent de la liberté, de la nouveauté et une stimulation intellectuelle constante. Mais attention : la polyvalence peut aussi devenir un piège, car le risque est de passer d’un projet à l’autre sans jamais s’ancrer dans une voie qui fait sens.


Dans la recherche de pistes métiers, il est essentiel d’écouter ses envies profondes, ses valeurs, mais aussi de se demander dans quel environnement on se sentira stimulé sans être submergé. Lors d'un accompagnement dédié du type bilan de compétences, il devient possible de clarifier ses forces, ses besoins et d’identifier les secteurs où l’intelligence atypique devient un atout, et non plus une difficulté. Car pour un HPI, le travail idéal, c’est celui qui offre à la fois du sens, de la diversité et la possibilité de grandir, sans jamais s’arrêter de s’émerveiller.


Conclusion : ni idéalisation, ni dramatisation

Être HPI, ce n’est ni un cadeau du ciel, ni une malédiction. C’est une richesse à valoriser et à accompagner, avec ses atouts et ses défis. En tant que consultante en bilan de compétences et coach professionnelle, j’accompagne chacun à trouver sa juste place, quelles que soient ses particularités.

Car chaque intelligence mérite de s’épanouir pleinement, dans un monde qui a parfois du mal à comprendre la différence.



Sources :

  • Synthèse clinique et scientifique extraite du document qui s’appuie sur les travaux de Gilloots, Weismann-Arcache et Tordjman (2012, 2018) concernant les spécificités psychologiques et le vécu des personnes à haut potentiel intellectuel.

  • Études sur la suranalyse, la paralysie par l’analyse, la surcharge cognitive et la dyssynchronie développementale, issues de la littérature neuropsychologique et clinique (cf. Tordjman et al., 2018).

  • Recherches sur le perfectionnisme, l’alexithymie acquise et l’ennui chronique chez les HPI, notamment les publications de Sastre-Riba (2020).

  • Données issues d’articles de vulgarisation scientifique, comme Sciences et Avenir (« Pourquoi devient-on haut potentiel intellectuel (HPI) ? »).

  • Conférences et interventions de Sylvie Tordjman (Symposium International « Sortir du Trouble », Genève 2014).

  • Observations cliniques et synthèses de professionnels spécialisés dans l’accompagnement des HPI.

  • Études sur l’impact du HPI dans le monde professionnel et la recherche de sens au travail.


 
 
 

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